Sixte-Quint, alors, s'avança jusqu'à la porte du pavillon.
—Mon fils, dit-il, êtes-vous là?...
—Certes, Saint-Père. Tout à votre dévotion! répondit Pardaillan.
—Recevez donc ma bénédiction: c'est la seule vengeance que je veuille exercer contre vous. Adieu. Si les hasards de votre vie aventureuse vous conduisent un jour à Rome et que je sois encore de ce monde, venez sans crainte frapper aux portes du Vatican. A défaut de Sixte-Quint, vous y trouverez sûrement M. Peretti, le meunier de la butte Saint-Roch...
—Saint-Père, cria Pardaillan, je reçois avec joie votre bénédiction, mais avec plus de plaisir encore l'invitation de M. Peretti, que j'ai toujours considéré comme un très habile homme!
—Brigand! murmura Sixte-Quint qui, pourtant, ne put s'empêcher de sourire.
Et il s'éloigna, suivi de ses gens d'armes et gentilshommes, tandis que le choeur des schismatiques enfin réconciliés, Rovenni en tête, entonnait avec plus d'ardeur que jamais le Domine, salvum fac pontificem...
En somme, et bien que Fausta lui échappât, le but de Sixte-Quint était atteint: il venait de détruire le schisme en le frappant au coeur même.
Une demi-heure après le départ du pape, Pardaillan, n'entendant plus rien, se hasarda à démolir en partie les fortifications qu'il avait élevées dans le pavillon. Ayant entrouvert la porte, il vit que l'esplanade et l'estrade étaient également vides. Alors, il sortit, inspecta l'étendue du terrain de culture et ne vit plus personne.
Il revint à l'esplanade et, pensif, s'arrêta près de la croix couchée sur le sol... la croix sur laquelle Fausta avait fait attacher Violetta par Belgodère.