Fausta se dirigea alors vers l'appartement de l'abbesse qui l'aida elle-même à se dévêtir de son lourd et splendide costume, à la fois religieux et royal. Puis Fausta descendit, et, devant le portail de l'abbaye, trouva Pardaillan qui l'attendait.

La litière, qui avait amené le prince Farnèse et maître Claude, était toujours là. Le cheval de l'homme, qui était venu les chercher, était attaché à un anneau. Pardaillan sauta sur le cheval; Fausta monta dans la litière; et ce groupe se dirigea vers Paris. Tant que l'on fut hors des murs, Fausta, par une fente des rideaux, tint son regard fixé sur le chevalier, qui se tenait près de la litière. Pardaillan entrerait-il, oserait-il entrer dans Paris?...

On arriva à la porte: Pardaillan franchit le pont-levis, et passa sous la voûte. Alors, Fausta, un éclair de joie aux yeux, retomba sur les coussins en murmurant:

«L'insensé!...»

XVIII

MAUREVERT

Tant que Pardaillan avait descendu les pentes de la colline, il avait regardé au loin et inspecté les abords de la porte Montmartre. L'heure que Maurevert lui avait assignée était passée. Et Pardaillan ne doutait pas que cet homme ne fût déjà au courant de ce qui s'était passé à l'abbaye. Il ne fut donc nullement surpris de ne pas apercevoir Maurevert.

Il avait donc franchi la porte et s'était mis à suivre la rue Montmartre. Au moment où il disparaissait sous la voûte, une tête pâle surgit d'entre les touffes d'un buisson, deux yeux flamboyants l'escortèrent quelques instants, et l'homme, sortant de sa retraite, demeura immobile, agité par un tressaillement de joie sauvage.

C'était Maurevert...

Il eut le même mot qu'avait eu Fausta: