—Paix, Maineville! dit le duc de Guise. Voyons, Maurevert, précise: quand, comment l'as-tu rencontré?... Et d'abord, depuis quand es-tu de retour?...
—Depuis une heure, monseigneur. Je me rendais ici lorsque je vis Pardaillan qui cheminait le plus paisiblement du monde, venait de la porte Montmartre qu'il venait de franchir. Ah! monseigneur, vous pouvez croire que j'ai dû me faire violence pour ne pas provoquer sur-le-champ ce démon... mais j'ai pensé que ce gibier vous appartenait...
Guise grinça des dents. Cette insolente audace de Pardaillan pénétrant dans Paris en plein jour et sans se donner la peine de se cacher l'humiliait et l'exaspérait.
A ce moment, un valet de chambre du duc entra et annonça:
—Un homme est là, chargé d'un important message de Mme la princesse Fausta.
Maurevert recula de quelques pas en frémissant. Si le duc connaissait ses secrètes accointances avec Fausta, il était perdu. Guise avait fait un signe. L'homme annoncé pénétra dans la pièce et s'inclina devant le duc.
—Parle! dit celui-ci.
—Voici, monseigneur, dit l'homme. Mme la princesse est sortie ce matin de Paris pour une affaire que j'ignore. Selon la coutume, divers serviteurs étaient échelonnés de distance en distance sur le trajet que devait suivre Sa Seigneurie au cas d'un ordre à recevoir. J'étais posté près de la porte Montmartre (Maurevert dressa les oreilles). J'ai vu revenir la litière de Sa Seigneurie. Naturellement, je n'ai pas bougé. Mais, lorsque la litière est passée près de moi, j'ai vu les rideaux s'entrouvrir, et ce papier roulé en boule est tombé à mes pieds, en même temps que ces mots me parvenaient: Hôtel de Guise!... Alors, je suis venu, monseigneur, et voici le papier...
Guise déroula rapidement le papier, et lut ces mots:
«Faites cerner la Cité: j'y conduis Pardaillan!...»