A ce moment, un murmure confus de la foule se rapprocha de la maison solitaire. Mais Pardaillan n'entendait rien... Il s'approcha de la table poussiéreuse sur un coin de laquelle, en bon ordre, s'entassaient l'un sur l'autre une trentaine de parchemins... Et, ayant jeté les yeux sur celui de ces parchemins qui recouvrait les autres, il vit qu'il portait le sceau de la grande prévôté.

Sous la poussière, il put déchiffrer les premiers mots... Et, alors, il recula, pris d'un frisson... La maison solitaire et triste venait de lui révéler son secret!... Ces parchemins, c'étaient des ordres d'exécution! Ces haches, ces tenailles, ces cordes, c'étaient des instruments de supplice! Cette maison, c'était le logis du bourreau!

Comme il reculait, frémissant, n'ayant plus qu'une idée: sortir... comme il atteignait le vestibule, des coups violents ébranlèrent la porte d'entrée, et une voix, dehors, dominant le tumulte, cria:

—Il est là, monseigneur! Nous le tenons!

Pardaillan reconnut la voix de Maurevert!...

—Qu'on cerne cette maison! commanda une autre voix, que le chevalier reconnut pour être celle de Guise.

Il jeta un regard d'angoisse sur la porte. Elle était solide, heureusement. Il comprit qu'il avait quelques minutes devant lui pour prendre une décision. D'un bond, il fut dans la pièce où il était entré d'abord, courut à la fenêtre, leva le châssis, et, par une fente des lourds volets fermés, put voir ce qui se passait dehors:

Guise à cheval, au milieu d'une troupe de cavaliers. Devant la porte, une vingtaine de gens d'armes qui soulevaient un madrier pour s'en servir comme d'un bélier. Maurevert était là!... C'était lui qui dirigeait l'opération.

Près de Guise, Pardaillan reconnut Bussi-Leclerc et Maineville, Derrière cette troupe de cavaliers, c'était la foule...

Pardaillan revint dans le vestibule au moment où un grand cri, dehors, saluait un coup de madrier qui venait de fendre la porte du haut en bas.