—Allons, murmura-t-il, c'est la fin! Je vais laisser ici mes os... Et quand je pense que ce Maurevert...

Il s'arrêta court, les poings crispés; une pâleur de désespoir s'étendit sur son visage...

Ayant franchi le vestibule, il parvint dans une étroite pièce qui servait de cuisine à la servante du bourreau. La cuisine s'ouvrait sur une cour entourée de hautes murailles. Mais, contre le mur du fond, se dressait une échelle.

Pardaillan monta. De la tête, il dépassa la crête du mur... Il vit alors qu'il dominait une infecte et étroite ruelle, un boyau qui se subdivisait en deux brandies dont l'une faisait communiquer la rue de la Calandre avec le Marché-Neuf, et dont l'autre, perpendiculaire à ce dernier, s'enfonçait vers Notre-Dame et contournait le parvis pour aboutir à la Seine.

Pardaillan vit tout cela d'un coup d'oeil. Mais il vit aussi qu'une dizaine de gens d'armes gardaient la ruelle. Alors, il redescendit, rentra dans la maison du bourreau, et, quelques instants après, reparut, une hache à la main. Presque aussitôt il se trouva de nouveau en haut de l'échelle.

A ce moment, dans la rue de la Calandre, une furieuse clameur s'éleva: la porte était défoncée; les troupes de Guise se ruaient dans la maison... mais Maurevert n'était pas entré!... Derrière lui, Pardaillan entendit les hurlements, le bruit des armes, le tumulte des pas précipités...

—A mort! hurlait la foule.

Pardaillan s'assit sur le mur... et sauta...

—Place! rugit-il en tombant sur ses pieds.

Les gardes postés là, un instant stupéfaits, cherchèrent à se réunir, et déjà Pardaillan se ruait sur le groupe, la hache levée s'abattit, toute rouge, une trouée se fit, et, pareil au sanglier qui, avant de mourir, fonce à travers la meute, Pardaillan passa...