Quand la messe fut terminée, Henri III, entouré de gardes, sortit de l'église et se dirigea vers l'hôtel des échevins, où il recevait de la ville de Chartres une hospitalité sinon royale, du moins très suffisante pour un roi sans royaume. Il n'avait pas adressé un mot à Henri de Guise.
Sur le parvis, le duc s'était arrêté, incertain de ce qu'il ferait, dévorant sa rage et se demandant s'il n'allait pas reprendre à l'instant le chemin de Paris.
A ce moment, l'un des gentilshommes d'Henri III s'approcha de lui et, l'ayant salué, lui dit:
—Monsieur le duc, le roi mon maître m'a chargé de vous dire qu'il vous recevra demain matin à neuf heures, en audience à l'hôtel de ville, ainsi que les robins et bourgeois qui vous servent d'escorte...
—Dites à Sa Majesté, répondit-il, que je la remercie de l'audience qu'elle veut bien m'accorder et que je m'y trouverai à l'heure dite.
Là-dessus, Guise et ses gens se dirigèrent vers l'hôtellerie du Soleil-d'Or. Quant au cardinal de Guise, quant à Mayenne, ils s'y étaient rendus directement et ne s'étaient pas montrés depuis l'entrée de la procession de Chartres. Au moment où Guise et ses gentilshommes entraient dans l'hôtellerie, Maurevert saisit le bras de Maineville près de lui, et, lui montrant une figure dans la foule, lui dit en pâlissant:
—Regarde...
—Qu'est-ce? fit Maineville, insoucieux.
—Non, ce n'est pas lui! reprit alors Maurevert en passant la main sur son front... mais il m'a semblé d'abord que c'était Pardaillan...
Le duc entendit ces mots et tressaillit.