—Pardon!... oh! pardon!... Je vous ai méconnue!...
A ces mots, le Balafré jeta sa dague, s'agenouilla, courba la tête, et dit:
—Ordonnez, je suis prêt à obéir!...
Ce rêve éblouissant que Fausta venait de faire miroiter à ses yeux, il était certes capable de le réaliser s'il en avait les moyens, c'est-à-dire l'armée et l'argent. Fausta lui ouvrait la barrière derrière laquelle il était enfermé;
—Duc, répondit Fausta, en acceptant l'hommage du Balafré avec cette sérénité majestueuse qui lui était particulière, duc, ce n'est pas votre obéissance que je vous demande.
—Que voulez-vous donc? fit le duc en se relevant.
—Votre nom! répondit Fausta.
—Mon nom?...
—La moitié de votre puissance. La moitié de votre gloire. M'asseoir près de vous sur le trône où vous allez prendre place!... Etre enfin la reine, comme vous allez être le roi!... Écoutez-moi: vous avez, il me semble, des motifs de répudier Catherine de Clèves... puisqu'elle vit encore!... Il vous faut un mois pour obtenir cette répudiation... Dans les huit jours qui suivent, notre mariage sera célébré. Et c'est moi, duc, qui établirai le contrat que vous aurez à signer...
—Notre mariage! balbutia le duc.