—Le lendemain de notre mariage, continua Fausta, nous partons pour Blois... le reste me regarde... tout le reste me regarde... tout le reste, duc, jusqu'au jour où, placé à la tête de la triple armée de Farnèse, de Henri III et de Henri de Béarn, vous prendrez le chemin de l'Italie en laissant la régence à la reine de France couronnée comme vous... sacrée comme vous... à jamais liée à vos intérêts, à votre ambition et à votre gloire!... Duc, je vous donne trois jours pour vous décider...

Le Balafré répondit:

—La réflexion est toute faite, madame!...

Fausta ne put s'empêcher de tressaillir. Car, ce mot, elle l'espérait ardemment. Le duc de Guise s'était incliné. Il saisit une main de Fausta, la porta à ses lèvres.

—Duchesse de Guise, dit-il, reine de France, recevez l'hommage de votre époux, de votre roi, qui ne veut être que le premier de vos sujets...

—Duc, répondit simplement Fausta, j'accepte l'engagement que vous prenez par ces paroles.

Étourdi, fasciné... réellement dompté par cette simplicité autant qu'il l'avait été par les menaces et par les promesses. Guise s'inclina de nouveau très bas. Fausta s'était levée; elle saisit un flambeau et se mit à marcher devant le Balafré.

—Que faites-vous, madame? s'écria Guise.

—C'est un privilège royal que d'être éclairé par le maître de la maison, répondit Fausta. Vous êtes le roi: je vous montre le chemin, sire!

Mais, en accompagnant le duc de Guise, Fausta avait une autre idée que celle de lui rendre un royal hommage. En arrivant dans le vestibule, elle posa son flambeau sur un meuble, fit signe à un laquais d'ouvrir la porte, et se tourna alors vers Guise comme pour prendre congé. Guise tressaillit... il comprit qu'il allait apprendre quelque nouvelle...