Bientôt Fausta se leva et se retira. Puis, au bout de quelques minutes, un autre laquais parut qui éteignit les flambeaux.

Alors, Pardaillan, sa dague à la main, se mit en route. Il marchait au hasard, et avec de telles précautions qu'une demi-heure s'écoula entre le moment où il quitta son poste d'observation et celui où il parvint dans une pièce assez vaste qu'éclairait faiblement une lanterne accrochée au mur. Pardaillan reconnut aussitôt cette pièce. C'était le vestibule du palais Fausta.

La porte, que du dehors on eût été obligé d'enfoncer, était au contraire facile à ouvrir du dedans. Les énormes verrous qui la barricadaient, soigneusement entretenus, glissaient bien et sans bruit; en quelques minutes, Pardaillan eut ouvert la porte et se trouva dehors.

A ce moment la demie de minuit sonnait à Notre-Dame. Pardaillan prit d'un bon pas le chemin de la Devinière, où il arriva sans encombre.

L'auberge était fermée. Mais, bien que tout y parût plongé dans un profond sommeil, Pardaillan avait une manière à lui de frapper. Et il paraît que cette manière était la bonne, car, au bout de dix minutes, une servante mal réveillée lui ouvrit.

—A dîner! fit le chevalier qui mourait de faim.

—Monsieur le chevalier, je tombe de sommeil, fit la pauvre servante.

Pardaillan regarda la fille de travers. Mais ayant constaté que vraiment elle ne mentait pas:

—Eh bien, fit-il en souriant, va dormir, va. Seulement, te charges-tu de me réveiller à six heures du matin?

—Oui-da, puisque je me lève. à cinq!