Il en était là de ses réflexions lorsqu'il vit entrer Fausta dans la salle du trône.
«Ce serait le moment, pensa-t-il, de me montrer et de lui reprocher la vilenie qu'elle a commise à mon égard!... Mais que diable fait-elle?,.. Elle pleure?... Pourquoi?...»
Fausta, en effet, était tombée sur un siège et le bruit d'un sanglot parvenait au chevalier. En proie à une émotion étrange, Pardaillan allait peut-être s'avancer lorsque Fausta, relevant et secouant la tête, appela en frappant du marteau sur un timbre.
Un laquais parut aussitôt. Alors Fausta se mit à écrire. Sans doute ce qu'elle écrivait était grave et difficile à dire, car souvent elle s'arrêtait, pensive.
La lettre était longue. Ce ne fut qu'au bout d'une heure que Fausta la cacheta. Alors elle se tourna vers le laquais, ou du moins l'homme qui semblait être un laquais.
—Où est le comte?
—A son poste: près de la basilique de Saint-Denis.
—Faites-lui parvenir cette lettre. Qu'il l'ait demain matin à huit heures. Qu'il se mette aussitôt en route. Qu'il gagne Dunkerque directement. Et qu'il remette la missive à Alexandre Farnèse.
L'homme disparut.
«Bon! pensa Pardaillan. C'est la lettre qui ordonne à Farnèse de tenir son armée prête à entrer en France!»