—Monsieur le chevalier, fit tristement Huguette.

—Bonsoir, ma chère hôtesse... dit gaiement le chevalier.

Quelques instants plus tard, il était couché.

A six heures, la servante réveilla Pardaillan qui commença par aller seller et brider son cheval, puis déjeuna d'une tranche de pâté et d'une demi-bouteille de vin, puis fit ses adieux à Huguette en lui répétant qu'il viendrait vieillir au coin du feu de la Devinière. Puis il se mit en selle.

«Le reverrai-je jamais?» murmura Huguette.

Un peu après sept heures, Pardaillan s'arrêtait près de la basilique de Saint-Denis, attachait son cheval à un anneau, et pour ne pas se faire remarquer entrait dans un bouchon d'où il se mit à surveiller attentivement la route.

—A sept heures et demie il vit arriver un cavalier venant de Paris, cavalier armé en guerre, et ayant toute la tournure d'un gentilhomme. Il le reconnut à l'instant. C'était le laquais à qui Fausta avait remis la lettre destinée à Alexandre Farnèse.

Le cavalier s'arrêta comme s'était arrêté Pardaillan. Ayant mis pied à terre à une centaine de pas du bouchon, il entra dans une maison où il resta près d'une demi-heure. Puis il sortit, se remit en selle et reprit le chemin de Paris.

«Bon, pensa le chevalier, voici la lettre entre les mains du messager. Attendons le messager!»

Dix minutes après le départ du cavalier, la porte charretière de la maison s'ouvrit, laissant le passage à un homme qui sortit tout à cheval et prit au pas la route de Dommartin. Le chevalier sauta en selle et se mit à le suivre de loin.