«Le messager qui va à Dunkerque, songea-t-il. Celui que Fausta appelle le comte. Comte, bon! Mais comte de quoi?...»

Le cavalier se mit au trot; Pardaillan prit le trot, tout en se maintenant à distance. Cependant le cavalier ne paraissait pas très pressé.

A un moment, cet homme s'aperçut sans doute qu'il était suivi; mais, au lieu de piquer son cheval, il s'arrêta court. Pardaillan s'arrêta. Le cavalier repartit au galop pour passer au trot quelques instants plus tard: Pardaillan exécuta les mêmes manoeuvres. Dès lors il fut évident pour le cavalier que Pardaillan le suivait.

Il ne s'arrêta pas à Dammartin et poussa jusqu'à Senlis. Là, le messager mit pied à terre devant le Tonneau-de-Bacchus, vieille hôtellerie renommée. Pardaillan entra au Tonneau-de-Bacchus. Le messager dînait dans la grande salle. Pardaillan dîna dans la grande salle. Puis le messager se retira dans sa chambre en ordonnant qu'on le laissât dormir jusqu'à huit heures du matin.

«Bon! pensa Pardaillan, je veux être pendu si mon homme n'est pas debout à cinq heures!...»

Et, se retirant à son tour, il donna l'ordre qu'on tînt son cheval prêt pour cinq heures. Avant de s'endormir, Pardaillan se mit à méditer sur sa situation. Que voulait-il au bout du compte?...

«La lettre destinée à Farnèse, pas davantage», se répondit-il.

Pardaillan dormit d'une traite jusqu'à cinq heures du matin, moment auquel on vint le réveiller.

«Je suis sûr que mon homme ne va pas tarder à sortir», songeait-il.

Mais Pardaillan était habillé depuis longtemps et l'homme ne paraissait pas.