—Mon Dieu, non! fit Pardaillan. Je viens tout bonnement de Paris, et plus spécialement de l'île de la Cité...

A ces mots, Luigi Cappello eut un tressaillement, et, regardant son compagnon avec fixité, esquissa dans l'air un signe avec sa main. Pardaillan sourit.

—Monsieur le comte, dit-il, je ne répondrai pas au signe de reconnaissance que vous me faites, pour la raison bien simple que j'ignore le signal de réponse que vous attendez sans doute: je ne suis pas des vôtres.

—Fort bien. Seriez-vous, en ce cas, assez obligeant pour me dire où vous allez?...

—Mais... à Dunkerque où vous allez vous-même.

Et, de Dunkerque, je pousserai, s'il le faut, jusqu'au camp de votre illustre compatriote le généralissime Alexandre Farnèse.

Le messager devint pensif. Cet étranger qui le poursuivait était-il un affilié de Fausta?... mais alors, pourquoi ne connaissait-il pas le signe?... Et, d'autre part, comment était-il si bien informé?...

—Monsieur, reprit-il résolument, vous répondez à mes questions avec tant de bonne grâce que je me hasarderai à vous en poser une troisième... Pourquoi me suivez-vous depuis Dammartin?...

—Depuis Saint-Denis, rectifia Pardaillan.

—Soit. Pourquoi depuis Saint-Denis êtes-vous sur ma route?