—Mais pour avoir le plaisir de voyager avec vous, d'abord!
—Comment pouviez-vous savoir que j'allais au camp de Farnèse?
—Parce que je l'ai entendu dire à la très noble signora Fausta, reprit paisiblement le chevalier.
—Ah! ah! fit le messager, abasourdi.
Puis il reprit:
—Soit encore. Mais vous avez dit que votre acharnement à me rattraper venait du désir que vous aviez de voyager en ma compagnie... d'abord. Il y a donc un autre motif?...
—Monsieur le comte, fit Pardaillan, à mon tour de vous questionner, voulez-vous? Savez-vous ce que contient la lettre qui vous a été remise à Saint-Denis de la part de la signora Fausta et à destination d'Alexandre Farnèse»
Le messager fut atterré. Il n'y avait plus de doute dans son esprit. L'étranger n'était pas, ne pouvait pas être un envoyé de Fausta, c'était un ennemi dangereux qui avait surpris de redoutables secrets.
Il regarda autour de lui. A sa droite, c'étaient les champs. A sa gauche, les falaises, au-delà desquelles on entendait se lamenter la mer. La solitude était complète, et l'endroit excellent pour se défendre d'un gêneur.
—Monsieur, dit-il, il me serait difficile de répondre à votre question, parce que, n'étant porteur d'aucune lettre, je ne puis vous dire le contenu d'une missive qui n'existe pas.