En même temps, il se fendit à fond. Le messager jeta un cri rauque, laissa échapper son épée, tourna sur lui-même et s'abattit...

—Holà! grommela Pardaillan, aurais-je vraiment été assez maladroit pour le tuer?...

Il s'agenouilla, défit le pourpoint du comte toscan et examina la blessure en hochant la tête. A ce moment, le blessé ouvrit les yeux.

—Monsieur, dit Pardaillan, je suis maître du champ. Je puis donc vous prendre la missive que vous portez, Mais je serais au désespoir de vous quitter en ennemi, car vous êtes un brave... Voulez-vous, de bonne volonté, me remettre cette lettre?... Voulez-vous que nous nous séparions amis?...

Le blessé fit péniblement un geste de la main pour désigner une poche intérieure de son pourpoint. Pardaillan prit la lettre. Les yeux du blessé indiquèrent un profond désespoir.

—Voyons, dit Pardaillan, ému de pitié, qu'est-ce que cela peut vous faire, au bout du compte?... Vous ne craignez pas, je suppose, que j'use de cette lettre comme d'une arme contre la signorita Fausta?

—Je le crains, murmura le blessé d'une voix à peine intelligible... Vous allez... porter... cette lettre au roi de France... je suis un homme.... déshonoré.

—Vraiment, dit Pardaillan, vous craignez cela? Vous ne redoutez que cela? Et si je vous prouve que vous vous trompez? que je ne rendrai nullement cette missive à Valois?...

—Pas de preuve... possible! murmura le blessé.

—Si! il y en a une, dit Pardaillan. Et la voici!