Le blessé fut transporté à quelques pas devant une chaumière, et couché sur un matelas de varech.

—Y a-t-il un chirurgien? un médecin? demanda Pardaillan.

—Non, mais nous avons le sorcier. Un vieux qui sait tout, qui guérit les fièvres, et sait soigner les blessures.

A ce moment, celui que, dans le village, on appelait le sorcier, prévenu sans doute de l'événement, faisait son entrée dans la chaumière. C'était un vieillard à physionomie intelligente, à l'oeil vif et malicieux. Sans rien dire, il s'agenouilla près du blessé et défit les bandages, puis se mit à examiner la plaie.

—Qu'en dites-vous, monsieur? demanda Pardaillan.

—Je dis que c'est fort grave. Mais il en reviendra.

—Ah! fit Pardaillan avec un soupir de soulagement.

Mais aussitôt une pensée se fit jour dans sa tête. Si le blessé en revenait, il irait trouver Farnèse, et lui raconterait ce qui s'était passé en lui donnant oralement le contenu de la lettre. Alors, tout ce qu'avait fait Pardaillan devenait inutile! Il attira le sorcier dans un coin.

—Vous êtes sûr, fit-il, qu'il en reviendra?

—Très sûr!