—Mais c'est que je voudrais bien que mon ami puisse continuer son voyage...

Le sorcier secoua la tête:

—S'il bouge de ce matelas avant huit jours, il meurt, dit-il. S'il essaie de marcher avant un mois, tout sera remis en question. S'il monte à cheval avant deux mois, je ne réponds de rien!...

Deux mois!...

C'était plus de temps qu'il n'en fallait à Pardaillan.

Quoi qu'il en soit, le sorcier fit si bien qu'au bout de quatre jours il put positivement déclarer le blessé hors de tout danger. Ces quatre jours, Pardaillan les avait passés dans la chaumière. Sûr que le comte Luigi ne mourrait pas et serait convenablement soigné, certain d'autre part qu'il ne pourrait rejoindre et prévenir Farnèse, le chevalier, un beau matin, fit ses adieux à celui qu'il avait à moitié tué, et reprit à petites journées le chemin de Paris. Il avait une double tâche à accomplir. Retrouver Maurevert, d'abord. Et ensuite pouvoir rencontrer Guise...

XXIII

BLOIS

Pendant que Pardaillan courait sur la route de Dunkerque et s'emparait de la lettre destinée à Farnèse, le duc de Guise, au milieu d'une imposante escorte, s'avançait vers Blois où, de tous les points de la France, accouraient les députés de la noblesse, du clergé et du Tiers-État pour cette suprême conférence à laquelle Henri III avait convié son peuple, et qu'on appelle les états généraux de Blois.

La sécurité de Guise était absolue, Maurevert lui avait rendu un compte exact des forces dont Henri III pouvait disposer, soit environ quarante mille hommes.