—Depuis huit jours, répondit Catherine.

Elle n'eut pas plus tôt prononcé ces mots qu'elle s'en repentit... En effet, le roi s'était écrié:

—Huit jours!... La lettre est donc antérieure au serment d'amitié!...

—Oui! répondit Catherine. Mais qu'importe! Si vous croyez que Guise a voulu vous tuer, qu'importe le moment où il l'a voulu!...

—Madame, dit froidement Henri III, vos soupçons vous égarent. Rien dans cette lettre ne prouve positivement que le duc a pu concevoir ce forfait. Et l'eût-il conçu, le serment efface tout. Eh! n'ai-je pas voulu le tuer moi-même?... Cela m'empêche-t-il de tenir mon serment de bonne foi?

—Aveugle! murmura Catherine. Ainsi, vous refusez de me croire, mon fils!

—Je crois, dit Henri fermement, que votre affection vous rend injuste. Croyez-vous, madame, que j'éprouve une amitié pour le duc? Il est fort, il tient le royaume avec sa Ligue. Si je veux rentrer à Paris en roi, je dois plier aujourd'hui, quitte à prendre ma revanche plus tard. Quant à supposer qu'il veuille se parjurer, ceci, madame, est tout à fait impossible.

—Et si je vous le prouvais, Henri?...

—Oh! malheur à lui, en ce cas!

—Sire, dit Catherine en se levant, je vous demande trois jours; dans trois jours, je vous apporterai la preuve!