—Mais comment allons-nous sortir?

—Vous l'allez voir, dit Maurevert qui, traversant le couloir après avoir éteint les flambeaux, pénétra dans la chambre qui portait le numéro 3, c'est-à-dire la chambre que le moine, sur sa recommandation, avait demandée.

Maurevert ouvrit la fenêtre. Et alors, frère Timothée put se rendre compte qu'un de ces escaliers extérieurs, comme il y en avait à bien des maisons, partait de cette fenêtre pour aboutir à la rue.

Si le moine eût été moins tourmenté, et par ses pensées et par le vin, il eût pu s'étonner que Maurevert lui eût justement recommandé cette chambre et non une autre. Mais il ne pensait pas si long. Il descendit et Maurevert le suivit, en laissant la fenêtre ouverte derrière lui.

A ce moment-là, il était près de minuit. Dans les rues de Blois, pas un être vivant ne se montrait. Frère Timothée marchait gravement près de Maurevert qui gagna les abords du château, et se mit à contourner les fossés remplis d'eau. Tout à coup, il s'arrêta et d'une voix étrange:

—Alors, vous dites que cette lettre est cousue dans l'intérieur de votre froc?

—Là! fit le moine avec un rire épais. Bien malin qui viendrait la chercher là!

—Et vous dites que c'est grave?... que vous ne la donneriez à personne au monde?...

—Pas même... à vous!...

—Et bien, tu me la donneras tout de même! gronda sourdement Maurevert.