Maurevert avait sagement fait de se hâter. En effet, après quelques mots que Guise avait ajoutés, les conjurés s'étaient dispersés. Maineville, en sortant du mystérieux hôtel, s'était dirigé en courant vers l'hôtellerie où logeait Maurevert.
Il réveilla l'hôte à grand vacarme et se fit conduire aussitôt à la chambre de Maurevert. La porte n'était pas fermée à clef. Il ouvrit brusquement et entrant une lampe à la main, jeta un regard avide sur le lit, comme s'il eût pensé n'y pas trouver Maurevert... Mais Maurevert était là... profondément endormi.
Maineville referma la porte, posa sa lampe sur la table, et, s'approchant du lit, examina un instant son compagnon d'armes dont il était l'ami depuis si longtemps. Évidemment, Maurevert était couché depuis le commencement de la soirée... Il dormait régulièrement d'un sommeil paisible. Maineville songea:
«Je veux que le diable m'étripe si Maurevert songe à trahir. Et pourquoi trahirait-il? Pauvre Maurevert! Après tout, il m'a rendu plus d'un service, et je ne veux pas qu'il lui arrive de mal...» Holà, Maurevert!...
Par un excès d'habileté, Maurevert, au lieu de se faire appeler plusieurs fois, ouvrit les yeux à l'instant, et ne témoigna même pas de surprise. Il se contenta de dire:
—Tiens! c'est toi?... Qu'y a-t-il?...
—Maurevert, fit Maineville, pourquoi n'es-tu pas venu à la réunion de ce soir?
—Quelle réunion?...
—Eh! celle dont je t'ai donné les mots de passe, ce matin!...
—Ah! oui! Eh bien?... Pourquoi y aurais-je été... Est-ce que mon absence a été remarquée?