—As-tu le mot de passe pour te faire ouvrir la porte? demanda Maineville.
—Non... Je ne me souviens même pas de ceux que tu me donnas dans la matinée.
—Catherine et Coutras. Et maintenant, adieu. Si par hasard il t'arrivait un accident avant d'atteindre la porte, songe que tu ne m'as pas vu...
Là-dessus, Maineville jeta un regard inquiet dans la rue pleine de ténèbres, s'éloigna rapidement en se glissant le long des murailles.
Maurevert demeurait immobile jusqu'à ce qu'il fût bien sûr que son ami s'était réellement éloigné. Alors à son tour, il se mit en route. Seulement, ce ne fut pas vers les portes de la ville qu'il se dirigea, mais vers le château. Il n'avait pas fait dix pas qu'il se frappa le front et revint en grommelant:
—Imbécile! si je laisse mon cheval, Maineville saura que je ne suis pas parti. Et s'il va demander demain matin si quelqu'un a franchi la porte pendant la nuit?»
Il sella et brida son cheval, sortit et marcha à pied jusqu'au château, en traînant la bête par la bride. Un quart d'heure plus tard, il se trouvait dans l'oratoire de la reine. Catherine de Médicis, réveillée sur son ordre (car maintenant on lui obéissait d'après un mot convenu), ne tarda pas à se montrer et l'interrogea du regard.
—Madame, dit Maurevert, je sais le jour et l'heure et comment la chose doit se faire.
Catherine eut un tremblement d'émotion.
—Parlez, dit-elle, dévorant du regard celui qui portait une telle nouvelle.