—Chez Ruggieri, fit Crillon. Vous pourrez vous faire tirer votre horoscope, si le coeur vous en dit.
Lorsqu'ils furent arrivés dans les combles, Crillon poussa une porte, et Pardaillan, dans la pièce sévèrement meublée, aperçut l'astrologue qui lisait.
Crillon présenta le chevalier comme son parent, et il ajouta à l'oreille de Ruggieri qu'il comptait fort sur ce parent-là pour le service du roi. Puis il se retira.
Ruggieri avait jeté sur Pardaillan un vif et profond regard. Mais soit que la physionomie du chevalier eût bien changé depuis seize ans, soit que l'âge eût diminué en lui la faculté de se souvenir, il ne reconnut pas l'homme du Pressoir-de-Fer... celui dont jadis il avait essayé de faire couler le sang pour l'oeuvre de transfusion hermétique.
—Venez, monsieur, se contenta-t-il de dire.
Et il le conduisit dans une chambre voisine en lui disant:
—Vous êtes ici chez vous. Cette porte donne sur mon cabinet de travail que nous venons de quitter; celle-ci donne sur le couloir; cette troisième, enfin, est condamnée et donne sur une chambre semblable à celle-ci. A ce propos, si vous tenez absolument à garder le secret rigoureux, je vous engage à ne pas faire de bruit, car justement, dans cette chambre, j'ai logé un gentilhomme qui, comme vous, se cache quelques jours dans le château.
Là-dessus, Ruggieri salua et s'en alla.
—Tiens! songea Pardaillan, qui peut être ce gentilhomme qui comme moi a besoin de se cacher ici?