—Quand il arrivera, fais-le entrer où tu sais, ainsi que Mayenne et le cardinal de Guise. Je pense que tout a été apprêté dans le grand salon? Dès que le duc arrivera, fais-le entrer ici. Et les autres là...
Myrthis se retira. Fausta alla ouvrir la porte qui ouvrait sur le grand salon. Deux flambeaux étaient allumés. Mais cette faible lumière suffisait sans doute à Fausta, qui, de la porte, examina l'immense salle déserte.
Alors, elle poussa un long soupir, referma la porte avec beaucoup de soin, et revint se placer dans le fauteuil qu'elle occupait tout à l'heure.
—Monseigneur le duc de Guise! annonça une voix.
Fausta releva lentement la tête et vit le duc qui s'inclinait devant elle. Il était nerveux, agité. Cette fièvre spéciale qui saisit les grands criminels au moment de l'action irréparable mettait une flamme sombre dans son regard, et, sur son front couvert d'une ardente rougeur, la large cicatrice de sa blessure apparaissait livide.
—Me voici à vos ordres, madame, dit le duc d'une voix où perçait une sourde impatience. Mais vraiment n'eût-il pas mieux valu ne plus nous voir jusqu'au jour...
—Jusqu'au jour où Henri III succombera, acheva la Fausta avec une froideur glaciale. C'est-à-dire, continua-t-elle, jusqu'au jour ou je dois unir ma destinée à la vôtre, duc!
Guise tressaillit. Voyant qu'il ne relevait pas les paroles qu'elle venait de prononcer, Fausta reprit:
—Ainsi, mon duc, tout est prêt... grâce à moi. Le filet est bien tendu. Valois doit mourir. J'ai distribué à chacun son rôle.
—Tout cela est vrai, madame, dit Henri de Guise, d'une voix altérée, et ses sourcils se froncèrent. C'est vrai; là où nous autres hommes nous hésitions, vous avez déployé l'audace froide et l'implacable méthode d'une grande conquérante. Vous avez tout prévu, tout agencé dans les moindres détails. Je le confesse, madame...