—Je voulais vous entendre dire ces vérités, dit Fausta. Mais vous savez que ce n'est pas tout. Vous savez que j'ai envoyé un courrier à Alexandre Farnèse. D'après les dates que j'avais prévues, Alexandre Farnèse, à cette heure, est sûrement en France et marche sur Paris. J'ai donc fait plus que de déblayer le trône: je vous donne une armée...

—C'est encore vrai, madame. Mais n'avons-nous pas déjà convenu ce que nous devons faire de cette armée?

—Oui, réduire le Béarnais, ramener à vous les huguenots qui sont de rudes soldats, entreprendre la conquête de l'Italie d'abord, des Flandres ensuite...

L'oeil de Guise étincela.

—Ah! s'écria-t-il, tout cela je l'accomplirai, madame! Roi de France, je me sens de taille à soulever un monde...

Fausta reprit doucement:

—Et moi, duc, quelle sera ma part?...

—Ceci n'est-il pas convenu aussi? Ne vous ai-je pas juré que vous seriez reine dans ce royaume dont je serai roi?...

—C'est vrai, duc... mais quand?...

—Quand? fit le duc assombri. Dès que, roi de France, j'aurai répudié Catherine de Clèves.