—C'est bien loin, duc!... Et puis, tenez, vous connaissez ma franchise. J'ai peur... vous pouvez m'oublier...
—J'ai juré! dit le duc.
—Et moi, fit la Fausta dans un grondement terrible, je ne crois pas aux serments des princes... Dites-vous seulement que j'ai appris à lire dans le coeur des hommes...
—Et qu'avez-vous lu dans le mien? bégaya le duc avec un livide sourire.
—Que le poignard qui va frapper Valois peut aussi bien frapper Fausta!...
—Madame...
—Que l'instrument peut être brisé quand il a servi!... Que ma part peut vous sembler trop belle quand je vous aurai couvert de la pourpre! Alors, vous n'aurez qu'un geste à faire pour me noyer dans ce sang d'où émergera le trône sur lequel vous serez assis! Voilà ce que j'ai lu dans votre coeur!...
—Madame... je vous écoute et n'en crois pas mes sens.
—Pourtant, c'est la vérité qui frappe vos oreilles. Duc, la minute est effroyable pour vous. Je puis d'un mot vous rejeter à l'abîme. Valois, si je veux, sera prévenu dans une heure... et demain, duc, ce n'est pas sur le trône que vous monterez, c'est sur l'échafaud.
—Par le sang du Christ! rugit le duc partagé entre la fureur, l'étonnement et l'épouvante. Que vous faut-il donc?...