—Ma part, dit simplement Fausta. Et toute ma part, à moi, tient dans ce mot: oui ou non suis-je dès cet instant duchesse de Guise?...
—Ceci est insensé, madame! Catherine de Clèves est vivante encore!
—Oui... mais, si vous le voulez, Catherine de Clèves n'est plus votre femme. Duc, voici la bulle de divorce qui casse votre mariage: c'est le cadeau de noces que me fait, à moi, mon vieil ami Sixte-Quint, pape par la grâce de Dieu!...
En même temps, Fausta ouvrit l'étui, en tira le parchemin, le déploya et le tendit au duc de Guise. Celui-ci le saisit d'une main tremblante, rapprocha violemment un flambeau et se mit à lire. Quand il eut achevé sa lecture, quand il eut constaté que le parchemin aux armes pontificales était parfaitement authentique, il le laissa tomber sur la table et baissa la tête dans un morne silence. Le coup était terrible.
Fausta, sur la table, prit une plume, et la présenta au duc de Guise, qui la saisit machinalement. Puis, posant son doigt à l'endroit du parchemin réservé pour la signature de Guise, elle dit:
—Signez...
Le Balafré la considéra un instant avec des yeux hagards. Il était en proie à une de ces rages froides qui, lorsqu'elles éclatent, tuent. Non qu'il regrettât de répudier Catherine de Clèves qui le trompait et faisait de lui le mari le plus ridicule de France, mais il se voyait deviné par la terrible Fausta, et il était dès lors en son pouvoir.
Elle appuya son doigt sur le parchemin et répéta:
—Signez! Dans quelques minutes, il serait trop tard!
Le Balafré grinça des dents. Il se courba lentement sur la table, et, de sa grosse écriture violente, signa!... Alors Fausta alla ouvrir la porte du grand salon à double battant. Et le salon immense apparut, vivement éclairé.