—Messieurs, je vous commande d'obéir à la reine mère dans tout ce qu'elle vous dira...
Puis, il recule jusqu'à la fenêtre de sa chambre en frissonnant, soulève les rideaux et se met à regarder dans la cour carrée, les yeux fixés sur le porche du château. Catherine de Médicis passe en revue, d'un regard rapide, les gentilshommes de l'antichambre. Elle en touche un à la poitrine, puis un autre... elle en touche dix. Et, à ces dix, elle dit:
—Votre poste est dans la chambre du roi. L'épée et la dague à la main, messieurs!
Les dix obéissent.
—Dans la chambre, continua Catherine, barricadez-vous. Quoi que vous entendiez, ne bougez pas. Et, s'il arrive un malheur, mourez jusqu'au dernier avant qu'on ne touche au roi. Jurez!...
—Nous jurons! répondent les dix d'une voix sourde.
Les dix pénètrent dans la chambre royale, l'épée et la dague à la main. Un instant plus tard, on les entend qui, à l'intérieur, barricadent la porte. Catherine pousse un profond soupir. Alors, Catherine recommence son inspection. Elle touche un gentilhomme à la poitrine, puis un autre; elle en touche dix.
—Vous, dit-elle, dans le salon... Dès qu'il sera dans l'antichambre, fermez la porte et placez-vous devant, l'épée et la dague à la main. Si on essaie de forcer la porte de l'antichambre, si le salon est envahi, mourez jusqu'au dernier avant qu'on ne puisse ouvrir... Jurez!
—Nous jurons! répondent les dix.
Les dix passent dans le salon, et, tout aussitôt, s'y disposent par petits groupes, riant et causant de choses indifférentes. Alors, Catherine touche trois des gentilshommes restant dans l'antichambre. Ce sont Chalabre, Sainte-Maline et Montsery.