Les gardes se rangèrent et présentèrent les armes. Pardaillan franchit le porche, entraînant et soutenant Maurevert...
Sur l'esplanade, à vingt pas du porche, un homme se plaça près de Maurevert et se mit à marcher sans dire un mot. Tous trois—Maurevert encadré entre Pardaillan et le nouveau venu—franchirent la porte de Russy, passèrent le pont et se mirent à remonter la Loire.
A une lieue environ du pont de Blois, ils s'arrêtèrent devant une masure abandonnée. Deux chevaux tout sellés étaient attachés à un restant de palissade qui avait dû entourer un jardinet attenant à la masure. Pardaillan poussa Maurevert dans l'unique pièce. L'inconnu entra derrière eux et ferma la porte.
—Asseyez-vous», dit Pardaillan à Maurevert en lui désignant un escabeau. Maurevert obéit. Pardaillan lui lia les jambes solidement, et, dès lors, une lueur d'espoir se fit jour dans l'esprit de Maurevert, car, du moment qu'on le liait, c'est qu'on ne devait pas le tuer tout de suite.
—Messire Clément, dit alors Pardaillan, puis-je vraiment compter sur vous?
—Cher ami, dit Jacques Clément, soyez tranquille, et allez sans crainte à vos affaires. Je jure Dieu que vous retrouverez l'homme où vous le laissez.
Pardaillan fit un signe de tête comme pour dire qu'il avait confiance dans ce serment. Il sortit sans jeter un regard à Maurevert et reprit en toute hâte le chemin de Blois. Jacques Clément tira son poignard et s'assit devant Maurevert.
XXXV
LE DERNIER GESTE DE FAUSTA
FAUSTA, dès le matin, avait pris ses dernières dispositions. Elle avait expédié divers courriers et, entre autres, un cavalier chargé de courir au-devant de Farnèse pour lui dire de hâter sa marche sur Paris, car elle ne doutait nullement qu'Alexandre Farnèse ne fût entré en France depuis plusieurs jours déjà.