Et, comme Maurevert, dans le vertige de l'épouvante, ne bougeait pas, il lui prit le bras et le mit sous son bras gauche. De la main droite, il tenait son poignard sous son manteau qu'il venait de jeter sur ses épaules.

—Là, dit-il alors. Maintenant, suivez-moi. Et pas un mot, pas un geste! C'est dans votre intérêt.

Et il lui montra la pointe de sa dague. Maurevert fit signe qu'il obéirait. Pardaillan se mit en marche, traînant Maurevert.

Il se mit à descendre, mais, cette fois, par le grand escalier. Le château était plein de rumeurs sauvages. Dans ce tumulte, Pardaillan et Maurevert, enlacés, passèrent comme des spectres.

Dans la cour carrée, Maurevert eut un commencement de mouvement. Pardaillan s'arrêta et le regarda en face, en souriant. Ce sourire était terrible... Maurevert baissa la tête et poussa un faible gémissement.

—Allons! dit Pardaillan qui se remit en route.

Près du porche, Crillon, l'épée à la main, criait des ordres. Des soldats croisèrent la pique devant Pardaillan.

—Monsieur de Crillon, dit Pardaillan, il faut que je sorte.

Crillon regarda Pardaillan une minute avec une sorte d'effroi et d'étonnement mêlés. Puis, il se découvrit et prononça:

—Laissez passer la justice royale!...