Maineville et Bussi-Leclerc s'élancèrent. Alors, Crillon se baissa vers Larchant:

—Si le hasard voulait qu'ils ramènent Pardaillan prisonnier, que comptes-tu en faire?

—Pardieu! le faire pendre haut et court aux créneaux du donjon!

—Diable! Tu veux faire pendre un connétable?

—Ça! devenez-vous fou... ou bien ai-je le délire?... Pardaillan connétable?...

—Oui. Toi, tu veux le pendre. Et le roi le fait chercher pour le créer connétable. Parce que, si le roi est vivant, si le roi est encore roi, c'est à Pardaillan qu'il le doit! Parce que c'est Pardaillan qui a tué le duc de Guise!...

Cependant, Pardaillan, suivi de Fausta, s'était lancé vers la porte de la ville qu'il franchit sans obstacle, et avait enfilé le pont de la Loire.

Fausta ne vivait plus qu'en lui, elle transposait en lui sa vie... Et sa voix parut âpre, violente, amère, et douce, lorsque, s'arrêtant tout à coup, elle prononça:

—Avant d'aller plus loin, chevalier, écoutez-moi.

Pardaillan s'arrêta. Ils étaient au milieu du pont. Devant eux, de l'autre côté de la Loire, c'était l'espace libre.