—Mais, madame, dit Pardaillan, il me semble que nous devons piquer au contraire. On peut nous poursuivre...
—Il faut que je parle avant d'aller plus loin, dit Fausta.
Elle baissa la tête. Sans doute l'instant était suprême pour elle, car Pardaillan la vit frissonner. Tout à coup, cette tête pâle, si belle, si orgueilleuse, et, en ce moment, pleine d'une sorte de sérénité majestueuse, se redressa, et ses yeux noirs se fixèrent sur les yeux de Pardaillan.
—Chevalier, dit-elle, vous aviez préparé, m'avez-vous dit, deux chevaux pour ma fuite?...
—Oui, madame. Et ils vous attendent. Mais ils sont inutiles. Je les garderai donc pour moi.
—Un de ces deux chevaux... reprit Fausta, il y en avait un pour moi, n'est-ce pas?
—Certes, madame.
—Et l'autre? dit Fausta avec un étrange frémissement. L'autre, pour qui était-il, selon vos prévisions?...
—Mais, dit Pardaillan, pour un de vos serviteurs... je vous l'ai dit.
—Ainsi, reprit lentement Fausta, ce cheval n'était pas pour vous?...