Deux ou trois fois, ils se sourirent... Et, lorsqu'elle fut convaincue, lorsqu'elle eut compris qu'un grand bouleversement s'était fait dans l'âme de Pardaillan, Fausta, tout à coup, éclata en sanglots, murmura: «Seigneur!...» et s'évanouit...

Alors Pardaillan prit dans ses bras ce corps de vierge aux formes si pures... la tête de Fausta retomba sur son épaule et, fermant les yeux avec un long frissonnement, il approcha ses lèvres de son front... Alors, il marcha à la cabane qu'il avait aperçue, déposa Fausta devant le foyer, offrit une pièce d'or aux habitants de la masure, et les pria de faire un grand feu qui bientôt flamba...

Une heure plus tard, Fausta et Pardaillan, complètement sèches, étaient assis devant la haute flamme claire du foyer.

—Il faut que vous partiez, dit Pardaillan. Les gens de Blois pourraient avoir envie de vous poursuivre.

—Où irais-je?

—Ne pourriez-vous m'attendre? fit Pardaillan. J'ai diverses affaires à régler en France.

—Je puis vous attendre en Italie, dit Fausta. Rome est un séjour dangereux pour moi, à cause de Sixte qui ne pardonne pas. Mais j'ai un palais à Florence. Le palais Borgia. Je vous attendrai là, si vous voulez.

—A Florence, palais Borgia, bien! dit Pardaillan. Mais cette route est longue... ne craignez-vous pas... Ah! fit-il tout à coup. Et de l'argent?...

Elle sourit.

—J'ai de l'argent à Orléans, dit-elle; j'en ai à Lyon; j'en ai à Avignon. Une seule chose me gêne. On a arrêté mes deux pauvres suivantes...