—Mon Dieu, oui, mais pas ici! ajouta vivement Maineville.

—Et où cela, messieurs?...

—A Blois, où on vous cherche pour acte de rébellion, dit Bussi-Leclerc. Suivez-nous, monsieur, vous êtes notre prisonnier.

—Messieurs, dit Pardaillan, je veux bien vous suivre, mais non à Blois. Ce sera plutôt dans la direction de ce joli moulin dont on voit d'ici tourner les ailes, et qui ressemble si bien au moulin de la butte Saint-Roch.

Maineville eut un pâle sourire plein de menaces, et Bussi-Leclerc se mit à sacrer comme un païen.

—Décidez-vous, messieurs, continua Pardaillan. Allons-nous au moulin? Je vous suis. Voulez-vous aller à Blois? Je vous tire ma révérence, car je suis pressé.

—Par la mortboeuf, grogna Bussi-Leclerc, si vous ne nous suivez, je vais vous charger!

—Faites, monsieur, riposta Pardaillan qui, dans le même moment, tira sa rapière et tomba en garde.

Bussi-Leclerc dégaina et Maineville en fit autant. Tous deux attaquèrent furieusement, sans nulle honte, d'ailleurs, d'être à deux contre un. Mais à peine les fers s'étaient-ils baissés que Bussi jeta un cri de rage: pour la troisième fois, depuis ses diverses rencontres avec Pardaillan, son épée venait de lui sauter de la main et, décrivant une large parabole, allait tomber dans un fossé.

—Ton poignard, Bussi! cria Maineville.