—Vers Beaugency?...
—Oui!...
Quelques minutes plus tard, sans plus s'inquiéter du passeur, Pardaillan courait vers la ville et se mettait en quête de l'auberge du Lion-d'Or. Il apprit qu'elle était située à l'extrémité de la ville dans la direction de Châteaudun. Pardaillan traversa Beaugency au pas de course. Nul, d'ailleurs, ne fit attention à lui; la ville, depuis quelques instants, s'était emplie de rumeurs; la nouvelle venait de s'y répandre que le duc de Guise avait été tué.
Pardaillan atteignit enfin l'auberge du Lion-d'Or. Là, comme dans toute la ville, l'émotion était à son comble. Pardaillan se dirigea droit sur l'hôtesse, vigoureuse commère qui pérorait au milieu d'un groupe de bourgeois.
—Madame, dit-il, j'arrive de Blois, où le duc de Guise a été tué...
Aussitôt, Pardaillan, entouré et supplié de donner des détails, raconta en quelques mots le meurtre de Guise. Il ajouta qu'il était chargé de courir après l'un des meurtriers, et fit une description si exacte de Maurevert que l'hôtesse s'écria:
—Mais cet homme était là, il n'y a qu'un quart d'heure... Ah! le misérable! Je comprends pourquoi il s'est enfui précipitamment à cheval!...
—Comment cela?
—Oui: deux hommes, deux de ses complices, sans doute, sont venus lui parler mystérieusement et aussitôt il a fait seller son cheval.
Pardaillan comprit que ces deux complices n'étaient autres que ceux qui l'avaient arquebuse.