—Ce cheval est fourbu... Puis-je le prendre?

—Oui, dit Pardaillan, car son cavalier n'en a plus besoin.

Il se dirigea alors vers son propre cheval, que cette halte prolongée avait reposé; il passa la bride sous son bras; et, à pied, suivi par la bête, suivit la route; une lieue plus loin, il se remit en selle et, d'un temps de trot, gagna Châteaudun.

Il s'arrêta dans une bonne auberge et y passa la nuit.

Le lendemain matin, étant remonté à cheval, il reprit le chemin de Blois, où la première figure qu'il vit en entrant fut celle de Crillon, le brave Crillon, occupé à refouler une foule de bourgeois qui criaient à tue-tête:

—Mort à Valois! Vengeons notre duc!...

—Eh! monsieur de Crillon! cria Pardaillan lorsqu'il vit que la besogne était terminée et que la rue était libre.

Crillon aperçut Pardaillan et, poussant vers lui son cheval, lui tendit la main.

—J'ai un service à vous demander, fit Pardaillan.

—Dix, si vous voulez!