—Le chevalier de Pardaillan qui vous rend mille grâces...

Le Béarnais fit un signe de tête et se mit à marcher. Pardaillan suivit. Au bout de dix minutes, le roi s'arrêta devant une grande tente, mit pied à terre et invita le chevalier à entrer avec lui.

—Monsieur, dit le Béarnais lorsqu'ils furent seuls, on ne parle pas ainsi au roi. Mais, si vous voulez me dire quelle est la proposition que vous voulez faire à Sa Majesté, je me charge de la lui transmettre.

—Sire, répondit Pardaillan qui s'inclina avec cette sorte de hautaine politesse qui n'était qu'à lui, je vois que nous sommes seuls. Je crois me connaître en courage. Je me permets donc, sire, de vous faire mon compliment, car, enfin, je pouvais être animé de mauvaises intentions...

—Ainsi, vous m'avez reconnu?

—A ce panache blanc auquel se rallient les braves dans la bataille, oui, sire.

Le roi eut un sourire, déposa le fameux chapeau de feutre gris sur une mauvaise table, s'assit sur une caisse, et reprit:

—Et, maintenant que je n'ai plus le panache, me reconnaissez-vous?

—Oui, sire, à la pauvreté de votre costume, à la richesse des pensées que je lis dans vos yeux.

—Ventre-Saint-Gris! fit le Béarnais, vous me plaisez fort, monsieur de Pardaillan.