—Le moine n'a pas trahi! Quelqu'un s'est emparé de lui, cette nuit,..
—Ce quelqu'un, gronda le duc d'une voix tremblante de rage, qui est-ce?... Vous ne le savez pas?...
—Pardon, monseigneur, nous le savons parfaitement.
Maurevert s'avança alors, et, avec un étrange sourire qui courait sur son visage livide:
—Eh bien, monseigneur, c'est Pardaillan!
IV
PARDAILLAN ET FAUSTA
Nous avons signalé qu'au moment où la procession royale se mit en marche vers la cathédrale, deux capucins vinrent se placer derrière Henri III. Et, par les bribes d'entretiens que nous avons rapportés, nous devinons que ces frocs couvraient, l'un, la personne gracieuse et quand même toujours souriante de la duchesse de Montpensier, l'autre, la personne majestueuse, sombre et fatale de Fausta.
Nul ne songeait à se défier de ces deux moines, et, d'ailleurs, le roi avait positivement ordonné qu'on ne mît pas de gardes autour de lui pendant la procession. Revêtu de son sac, les pieds nus, le cierge à la main et la tête basse, le roi de France s'acheminait donc vers la cathédrale.
A la porte de l'église, le roi devait trouver un père confesseur qui venait en ligne droite de Rome et lui apportait force indulgences plénières. Les deux capucins, en approchant de la cathédrale, jetèrent un avide regard sous le portail. Là, tout le clergé de Chartres attendait Sa Majesté.