Quant à Fausta, elle était rentrée dans le mystérieux hôtel qui se trouvait en face de l'auberge du Chant-du-Coq, c'est-à-dire cette petite auberge où Pardaillan et Charles d'Angoulême avaient pris leur logis.
Nul, dans l'entourage de Fausta, ne put se douter des émotions terribles qu'elle venait d'éprouver. Peut-être même, ces émotions, ne les éprouvait-elle plus, car, rentrée dans sa chambre, elle murmura froidement:
«Soit!... la lutte continue!... En fin de compte, la victoire doit me rester. Et, pour commencer, frappons le misérable moine qui a trahi!...»
Elle saisit une plume et écrivit en hâte:
«Majesté, une amie dévouée du roi vous prévient qu'un moine de l'ordre des Jacobins, nommé Jacques Clément, est venu à Chartres pour tuer le roi. C'est un miracle du Seigneur Dieu que Sa Majesté n'ait pas été assassinée pendant la procession.»
Quelques minutes plus tard un gentilhomme déposait cette lettre à l'hôtel de Cheverni et disparaissait aussitôt.
V
L'AUBERGE DU CHANT-DU-COQ
HENRI III, cependant, après avoir accompli ses dévotions à la cathédrale, était rentré dans l'hôtel de M. de Cheverni où il se mit aussitôt à table et dîna de grand appétit en présence de ses gentilshommes les plus intimes.
Lorsque, tout à coup, parut un envoyé de la reine mère qui lui dit quelques mots à l'oreille.