—Oui, cela vous est égal, à vous. Mais il est nécessaire que le duc de Guise ait l'esprit libre pour ce qui va être entrepris. Et, pour qu'il ait l'esprit libre...
—Eh bien? demanda Marie.
—Dites-lui, faites-lui savoir, dès que nous serons entrés dans Chartres, que Pardaillan est mort!... Et, afin qu'il n'ait point de doute, dites-lui que c'est moi qui l'ai tué...
Ayant ainsi parlé, Fausta baissa la tête et ferma les yeux comme pour indiquer qu'elle voulait se renfermer dans ses pensées. Et ces pensées devaient être funèbres, car son visage, dans son immobilité, semblait refléter la mort...
Nos personnages sont donc ainsi disposés: en tête de ce long serpent de foule qui se déroule sur la route, un groupe de cavaliers: Guise, ses frères, ses gentilshommes. Près de lui, Maineville insoucieux et Maurevert inquiet. Quant à Bussi-Leclerc, il s'intéresse à la procession, sans doute, car il en parcourt les rangs, et on le voit tantôt sur un point, tantôt sûr un autre.
Puis, derrière cette bande de seigneurs, à une certaine distance, commence la procession.
Puis, presque à la queue de la colonne, un moine marche seul, le capuchon sur la figure, et ses mains serrent contre sa poitrine une dague solide: c'est Jacques Clément.
Enfin, très en arrière, c'était la litière de Fausta.
Le troisième jour de marche, la procession se reposa dans le village de Latrape, l'un des gîtes d'étape organisés par le sieur Crucé, maréchal des logis de cet exode. Les pénitents y étaient arrivés vers quatre heures, et aussitôt s'étaient mis à table, c'est-à-dire qu'ils avaient envahi une immense prairie où ils s'étaient assis dans l'herbe.
Naturellement, Guise et sa suite avaient pris leurs logis dans les meilleures maisons du village.