—Et s'il te tue?
—Vous me vengerez...
—C'est cela! firent Chalabre et Montsery, bataille!...
—Messieurs, dit Loignes, je crois que vous perdez la tête. Parce que ce maroufle vous a injuriés de son mieux, quand il vous tenait à la Bastille, vous voulez, par-dessus le marché, qu'il vous étripe l'un après l'autre...
Loignes était le plus âgé des quatre; c'était un homme sérieux et positif, exerçant en conscience son métier d'assassin royal.
Les trois autres, tout jeunes, comme nous avons dit, manquaient encore d'expérience. Devant les sages observations de leur aîné—leur maître en guet-apens—ils baissèrent donc la tête.
—Que faut-il faire? demandèrent-ils.
—C'est bien simple. Nous allons l'appeler comme si son duc le mandait à l'instant. Nous aurons nos dagues à la main. Et, quand il sortira, nous le larderons proprement jusqu'à ce qu'il rende sa belle âme au diable.
Il faut rendre cette justice aux trois jeunes écervelés qu'ils se rallièrent instantanément à ce plan si limpide.
Par où entre-t-on? reprit le comte de Loignes.