Il se trouvait dans un appartement où régnait une exquise fraîcheur. Il distinguait confusément qu'il était étendu dans un lit d'une rare magnificence. Dans cette chambre. Marie de Montpensier allait et venait, légère, gracieuse comme une apparition qu'elle était.

Du fond de son rêve, Jacques Clément la suivait des yeux, extasié, tremblant de se réveiller bientôt, ainsi qu'il arrive souvent dans ces songes où l'esprit se dédouble.

—Tout à l'heure, songea-t-il, je vais recommencer à souffrir... puisque tout ceci n'est qu'un rêve.

Et il recommença à regarder Marie de Montpensier... Il fit un effort pour joindre les mains et, dans ce mouvement, il s'aperçut que ses mains froissaient réellement une étoffe très fine et très fraîche; dans le même instant, il s'aperçut que ses yeux étaient réellement ouverts et que cette étoffe c'étaient les draps du lit...

Il ne rêvait pas!... Et il n'était plus sur les dalles du vieux tombeau!... Comment se trouvait-il dans cette chambre?... Quand, comment y avait-il été transporté?...

A ce moment, et comme il venait de joindre les mains. Marie se rapprocha de lui en souriant. Elle tenait à la main un gobelet d'or, tandis que de l'autre elle soulevait légèrement la tête pâle, ascétique et pourtant belle encore du jeune moine.

—Buvez un peu, dit-elle d'une voix de tendresse et de pitié, en présentant à ses lèvres les bords du gobelet.

A mesure qu'il buvait, Jacques Clément sentait une fraîcheur suave l'envahir, en même temps qu'il se ranimait et que la faiblesse se dissipait.

Lorsque sa tête retomba sur les doubles oreillers il voulut balbutier un mot... Mais elle plaça sa main sur sa bouche comme pour lui recommander le silence. Et, sur cette main, il déposa un baiser qui la fit frissonner.

—Dormez maintenant, reprit-elle doucement.