—Ceci est une question qui n'est pas à soulever ici, dit fermement Pardaillan. Il ne s'agit pas de savoir, sire, si vous consentez à reconnaître le roi de Navarre comme roi de France, Il s'agit d'une question nette et précise... le retrait de vos troupes qui n'ont rien à faire en France.
—Que pourrait le roi de Navarre contre nous, lui qui ne sait même pas prendre d'assaut sa capitale? fit le roi avec un sourire de dédain.
—En effet, sire, dit gravement Pardaillan, c'est une extrémité à laquelle le roi Henri ne peut se résoudre.
Et, soudain, avec son air figue et raisin:
—Que voulez-vous, sire, le roi veut que ses sujets se donnent à lui librement. Il lui répugne de les forcer par un assaut, en somme facile. Ce sont là scrupules exagérés qui ne sauraient être compris du vulgaire, mais qu'un roi comme vous, sire, ne peut qu'admirer.
Le roi se mordit les lèvres. Il sentait la colère gronder en lui, mais il se contint.
—Nous étudierons, dit-il, la demande de Sa Majesté Henri de Navarre. Nous verrons...
Malheureusement, il avait affaire à un adversaire décidé à ne pas se contenter de faux-fuyants.
—Faut-il conclure, sire, que vous refusez d'accéder à la demande juste, légitime, et courtoise du roi de France? insista Pardaillan.
—Et quand cela serait, monsieur? fit le roi d'un air rogue.