L'officier eut un geste vague qui embrassait toutes les issues sans en désigner aucune plus spécialement.
Pardaillan parut s'en contenter et ne dit rien. Résolument, au milieu de l'attention générale, il se dirigea vers une autre porte. Là, il se heurta à un huissier qui, comme l'officier, lui barra le chemin en étendant sa baguette et, très poliment, en saluant très bas, lui dit qu'on ne passait pas par là.
Pardaillan fronça légèrement le sourcil et eut pardessus son épaule un coup d'oeil qui eût donné fort à réfléchir à Barba Roja s'il avait pu le saisir au passage.
Mais Barba Roja ne vit rien. Il cherchait toujours comment s'y prendre pour ridiculiser le chevalier...
Pardaillan eut un regard circulaire, et, en lui-même:
«Par Pilate, je crois que ces laquais titrés se moquent de moi! Souriez, nobles cuistres, souriez... Tout à l'heure vos sourires se changeront en grimaces, et c'est moi qui rirai», pensa-t-il ironiquement.
Et, toujours imperturbable, il reprit sa promenade qui, soit hasard, soit intention, l'amena près des trois ordinaires de Fausta. Alors Montsery, Chalabre, Sainte-Maline s'avancèrent, saluèrent fort galamment le chevalier qui rendit le salut de son air le plus gracieux et, avec des sourires aimables, mais à voix basse, ils échangèrent rapidement ces quelques phrases:
—Monsieur de Pardaillan, dit Sainte-Maline, vous savez sans doute que nous avons mission de vous occire, ce que nous ferons, dès que nous le pourrons.
—Avec bien du regret cependant, dit Montsery avec sincérité.
—Car nous vous tenons en singulière estime, ajouta Chalabre, avec une révérence impeccable.