Pardaillan se contenta de saluer de nouveau en souriant:
—Mais, reprit Sainte-Maline, il nous paraît qu'on cherche à vous faire jouer ici un rôle... ridicule.
—Dites toujours votre pensée, messieurs, dit poliment Pardaillan.
—Eh bien, monsieur, dit Montsery, qui était toujours le plus fougueux des trois, la pensée de laisser berner un compatriote devant nous, sans protester, nous est insupportable.
—Surtout lorsque ce compatriote est un galant homme comme vous, monsieur, ajouta Sainte-Maline.
—Alors? Qu'avez-vous résolu, messieurs? dit Pardaillan qui se raidit comme il faisait toujours dans ses moments d'émotion.
—Vivedieu! monsieur, dit Chalabre, nous avons résolu d'infliger à ces mangeurs d'oignons crus la leçon que mérite leur outrecuidance.
—Nous serons fort honorés, monsieur, de tirer l'épée à vos côtés, dit Sainte-Maline, en saluant galamment.
—Tout l'honneur serait pour moi, messieurs, fit Pardaillan, en rendant le salut.
—Quitte à reprendre notre liberté d'action après, et à vous charger quand l'occasion se présentera, ajouta Montsery.