Le dominicain les considéra une seconde d'un air étrange et, sans fermer la porte, il s'éloigna discrètement et rattrapa Fausta.

—Que veux-tu? gronda Montalte en tourmentant le manche de sa dague...

—Te parler... il me semble que nous avons des choses intéressantes à nous dire. N'est-ce pas ton avis aussi?

—Oui, dit Montalte, avec un regard sanglant, mais... plus tard... J'ai autre chose à faire pour le moment.

Et il voulut passer, courir après Fausta qu'une secrète intuition lui disait être en danger.

Pour la deuxième fois, la main de Ponte-Maggiore s'abattit sur son épaule, et, d'une voix blanche de fureur, en plein visage:

—Tu vas me suivre à l'instant, Montalte, menaça-t-il, ou je te soufflette devant toute la cour!

—C'est bien, fit Montalte, livide, je te suis... Mais malheur à toi!...

Et, s'arrachant à l'étreinte, il suivit Ponte-Maggiore en grondant de sourdes menaces, abandonnant Fausta au moment où, peut-être, elle avait besoin de son bras.

Fausta avait continué son chemin sans rien remarquer, et, au bout d'une cinquantaine de pas, le dominicain ouvrit une deuxième porte et s'effaça comme il avait déjà fait. Elle pénétra dans la pièce, et alors seulement s'aperçut que Montalte ne l'accompagnait plus.