—Où est le cardinal Montalte? fit-elle sans trouble comme sans surprise.
—Au moment de pénétrer dans le couloir Son Éminence a été arrêtée par un seigneur qui avait sans doute une communication urgente à lui faire, répondit le dominicain avec un calme parfait.
—Ah! fit simplement Fausta.
Et son oeil profond scruta avec une attention soutenue le visage impassible du religieux et fit le tour de la pièce qu'il étudia rapidement. C'tait un cabinet de dimensions moyennes, meublé de quelques sièges et d'une table de travail placée devant l'unique fenêtre qui l'éclairait. Tout un côté de la pièce était occupé par une vaste bibliothèque sur les rayons de laquelle de gros volumes et des manuscrits étaient rangés dans un ordre parfait. L'autre côté était orné d'une grande composition enchâssée dans un cadre d'ébène massif, et représentait une descente de croix signée Coello.
Presque en face la porte d'entrée, il y avait une autre petite porte. Fausta, sans hâte, alla l'ouvrir et vit une sorte d'oratoire exigu, sans issue apparente, éclairé par une fenêtre aux vitraux multicolores.
Elle donnait sur une petite cour intérieure.
Le dominicain, qui avait assisté impassible à cette inspection minutieuse, quoique rapide, dit alors:
—Si l'illustre princesse le désire, je puis aller à la recherche de S. Em. le cardinal Montalte et le ramener.
—Je vous en prie, mon révérend, dit Fausta, qui remercia d'un sourire.
Le dominicain sortit aussitôt et, pour la rassurer, laissa la porte grande ouverte. Fausta vint se placer dans l'encadrement et constata que le dominicain reprenait paisiblement le chemin par où ils étaient venus... Elle fit un pas dans le couloir et vit que la porte par où ils étaient entrés était encore ouverte. Des ombres passaient et repassaient devant l'ouverture.