—Peu de chose, madame... Jeter un coup d'oeil sur certain parchemin que vous cachez dans votre sein, dit le dominicain en se redressant.

—Je suis prise! pensa Fausta, et c'est à Pardaillan que je dois ce nouveau coup, puisque c'est lui qui leur a révélé que j'avais le parchemin sur moi.

Et, tout haut, avec un calme dédaigneux:

—Et, si je refuse, que ferez-vous?

—En ce cas, dit paisiblement le dominicain, je me verrai contraint de porter la main sur vous, madame.

—Eh bien, venez le chercher, dit Fausta en mettant la main dans son sein.

Toujours impassible, le religieux s'inclina, comme s'il prenait acte de l'autorisation et fit deux pas en avant.

Fausta leva le bras droit, soudain armé d'un petit poignard et d'une voix calme:

—Un pas de plus et je frappe, dit-elle. Je vous avertis, mon révérend, que la lame de ce poignard est empoisonnée et que la moindre piqûre suffit pour amener une mort effroyable. Le dominicain s'arrêta net, et un sourire énigmatique passa sur ses lèvres.

Fausta devina plutôt qu'elle ne vit ce sourire. Elle eut un rapide regard circulaire et se vit seule avec le religieux.