Elle fit un pas en avant, le bras levé, et:
—Place! dit-elle impérieusement, ou tu es mort!
—Vierge sainte! clama le dominicain, oseriez-vous frapper un inoffensif serviteur de Dieu?
—Ouvre la porte alors, dit froidement Fausta.
—J'obéis, madame, j'obéis, fit le religieux d'une voix tremblante, tandis qu'avec une maladresse visible il s'efforçait vainement d'ouvrir la porte.
—Traître! gronda Fausta, qu'espères-tu donc?
Et elle leva le bras d'un geste foudroyant.
Au même instant, par-derrière, deux poignes vigoureuses saisirent le poing levé, tandis que deux autres tenailles vivantes paralysaient son bras gauche.
Sans opposer une résistance qu'elle comprenait inutile, elle tourna la tête et se vit aux mains de deux moines taillés en athlètes. Ses yeux firent le tour du cabinet. Rien ne paraissait dérangé. La petite porte était toujours fermée. Par où étaient-ils entrés? Évidemment le cabinet possédait une, peut-être plusieurs issues secrètes.
Spontanément, elle laissa tomber le poignard, inutile maintenant. L'arme disparut, subtilisée, escamotée avec une promptitude et une adresse rares, et, dès qu'elle fut désarmée, les deux moines, avec un ensemble d'automates, la lâchèrent, reculèrent de deux pas, passèrent leurs mains noueuses dans leurs manches et s'immobilisèrent dans une attitude méditative.