—Avant de céder, répondez à cette question: que fera-t-on de moi après?

—Vous serez libre, madame, entièrement libre!

—Le jureriez-vous sur ce christ?

—Il est inutile de jurer, dit derrière elle une voix: Ma parole doit vous suffire, et vous l'avez, madame.

Fausta se retourna vivement et se trouva en face de Espinosa, entré sans bruit par quelque porte secrète.

D'une voix cinglante, en le dominant du regard:

—Quelle foi puis-je avoir en votre parole, cardinal, alors que vous agissez comme un laquais?

—De quoi vous plaignez-vous, madame? fit Espinosa avec un calme terrible. Je ne fais que vous retourner les procédés que vous avez employés envers nous. Ce document, Montalte, avec mon autorisation, l'avait confié à votre loyauté et vous deviez nous le restituer. Vous, cependant, abusant de notre confiance, vous avez essayé de nous vendre ce qui nous appartient et, ayant échoué dans cette tentative, vous avez résolu de le garder, dans l'espoir, sans doute, de le vendre à d'autres. Comment qualifiez-vous votre procédé, madame?

—Je le disais bien: vous avez l'âme d'un laquais, dit Fausta avec un mépris écrasant. Après l'avoir violentée, vous insultez une femme.

—Malheur à celui qui cherche à contrecarrer les entreprises de la sainte Inquisition! reprit Espinosa. Celui-là sera brisé impitoyablement. Allons, madame, donnez-moi ce document qui nous appartient!