—Je cède, dit Fausta, mais vous paierez cher et vos insultes et la violence que vous me faites.
—Menaces vaines, madame, fit Espinosa en s'emparant du parchemin. J'agis pour le bien de l'État, le roi ne pourra que m'approuver. Et, quant à ce document, je dois des remerciements à M. de Pardaillan, qui nous le livre.
—Remerciez-le donc tout de suite, en ce cas, fît une voix railleuse.
D'un même mouvement, Fausta et Espinosa se retournèrent et virent Pardaillan qui, le dos appuyé à la porte, les contemplait avec son sourire narquois.
Ni Fausta ni Espinosa ne laissèrent paraître aucune marque de surprise. Le dominicain et les deux moines échangèrent un furtif coup d'oeil; mais, dressés à n'avoir d'autre volonté, d'autre intelligence que celles de leur supérieur, ils restèrent immobiles.
—Enfin Espinosa, d'un air très naturel:
—Monsieur de Pardaillan... Comment êtes-vous parvenu jusqu'ici?
—Par la porte, cher monsieur, fit Pardaillan avec son sourire le plus ingénu. Vous aviez oublié de la fermer à clef... cela m'a évité la peine de l'enfoncer.
—Enfoncer la porte, mon Dieu! et pourquoi?
—Je vais vous le dire, et, en même temps, je vous expliquerai par quel hasard j'ai été amené à m'immiscer dans votre entretien avec madame.